Top 6 des sites culturels à voir dans l'Oise : du clou à l'histoire royale

7 août 2026 · La rédaction de Sortir dans les Hauts-de-France · Oise

Top 6 des sites culturels à voir dans l'Oise : du clou à l'histoire royale

L’Oise ne se résume pas à ses forêts et ses champs. Entre savoir-faire industriel, vestiges antiques et mémoires silencieuses, le département cultive des lieux où l’histoire se touche du doigt. Voici six sites qui racontent, chacun à leur manière, une facette inattendue de ce territoire.

1. Clouterie Rivierre — Creil

Ici, le temps s’est arrêté en 1888. La dernière clouterie de France fonctionne encore avec des machines centenaires, certaines importées d’Angleterre au XIXe siècle. Ce qui frappe, c’est le bruit : un martèlement sourd et régulier, comme un cœur mécanique. Les ouvriers y fabriquent toujours des clous à tête plate, des pointes à béton ou des semences pour la cordonnerie, selon des gestes transmis depuis des générations. On y voit des laminoirs en fonte, des presses à estamper et des tours à décolleter qui semblent tout droit sortis d’un roman de Zola. L’usine, nichée dans un quartier industriel de Creil, est un rare témoignage d’une industrie légère aujourd’hui presque disparue.

2. Temple gallo-romain — Senlis

Perdu en pleine forêt d’Halatte, ce temple votif du Ier siècle surgit comme une apparition. Ses murs en petit appareil de grès, à moitié engloutis par la végétation, dessinent un plan carré caractéristique des sanctuaires gallo-romains dédiés à des divinités locales. Ce qui intrigue, c’est son isolement : aucun village antique n’a été retrouvé à proximité, seulement une voie romaine à quelques centaines de mètres. Les archéologues supposent qu’il servait de lieu de pèlerinage pour les habitants de la région. Aujourd’hui, le site se visite librement, et l’on peut encore deviner, sous les feuilles mortes, les traces des fondations et des autels. Un lieu où l’Antiquité se devine plus qu’elle ne s’expose.

3. Arboretum de Saint-Jean-aux-Bois

Dans ce village où les maisons en pierre semblent figées au Moyen Âge, l’arboretum se distingue par son approche sensorielle. Conçu pour être accessible aux malvoyants, il propose des pupitres en braille décrivant les essences d’arbres, tandis que des chemins larges et stabilisés permettent aux fauteuils roulants de circuler sans obstacle. Le parc joue avec les textures : écorces rugueuses, feuilles duveteuses, fruits à toucher. Autour de l’abbatiale du XIIe siècle, les chênes, hêtres et érables forment une canopée protectrice, comme un prolongement naturel de l’architecture religieuse. Un jardin où l’on vient autant pour voir que pour écouter le bruissement des feuilles ou sentir l’odeur de la terre humide.

4. Street-Art à Pont-l’Évêque — Sempigny

L’entrepôt du 2 rue Les Mazures n’est pas un musée, mais un terrain de jeu pour street-artistes. En 2019, lors du festival Pontepiscop/ART, des noms comme Seth ou Alexone y ont laissé libre cours à leur imagination. Les murs de brique, autrefois gris et anonymes, sont devenus une galerie à ciel ouvert, où se mêlent portraits stylisés, animaux fantastiques et messages cryptés. Ce qui surprend, c’est la façon dont les œuvres dialoguent avec le lieu : certaines épousent les angles des fenêtres, d’autres jouent avec les ombres des arbres alentour. Contrairement aux fresques urbaines classiques, celles-ci ne cherchent pas à embellir, mais à questionner – un contraste saisissant avec le calme rural de Pont-l’Évêque.

5. Parc et vestiges du Château royal — Senlis

Le château de Senlis n’a plus de toits, plus de tours majestueuses, mais ses murs racontent mille ans d’histoire. Construit sur les ruines d’un palais carolingien, puis remanié par Louis VI le Gros au XIIe siècle, il a accueilli rois, reines et même des artistes comme François Ier ou Henri IV. Aujourd’hui, il ne reste que des pans de murs en grès, des fossés et une porte fortifiée, mais c’est justement cette ruine qui fascine. On peut encore deviner l’emplacement de la grande salle où se tenaient les banquets, ou celui des cuisines, près de la source qui alimentait le château. Le parc, planté de tilleuls et de marronniers, offre une vue sur la ville médiévale et son beffroi. Un lieu où l’on marche littéralement sur les traces des Capétiens.

6. Nécropole nationale de Marissel — Beauvais

Ce cimetière militaire, créé en 1922, regroupe les corps de soldats morts lors des deux guerres mondiales. Sur 5 655 m², des milliers de croix blanches s’alignent avec une rigueur géométrique, interrompues çà et là par des stèles musulmanes ou des monuments aux morts des régiments. Ce qui frappe, c’est le silence – un silence lourd, seulement troublé par le vent dans les arbres. Les tombes des poilus de 14-18 côtoient celles des soldats de 39-45, et même quelques sépultures de la guerre de 1870. Au centre, une grande croix de Lorraine domine l’ensemble, tandis qu’un mur commémoratif porte les noms des disparus. Un lieu de mémoire sobre, presque austère, où l’histoire se lit dans les dates gravées sur la pierre.

Pour en savoir plus

← Toutes nos actualités

🎉 Vous organisez un événements ?

Partagez votre événements gratuitement sur notre site et touchez des milliers de visiteurs intéressés.

➕ Ajouter mon événement